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Soutien à la parentalité : trois soirées qui ont changé une famille

7 juin 20268 min de lecture
Victoria, la voix qui raconte le résumé de l'article
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Le résumé de l'article

Écoutez-le en 2 minutes, raconté par Victoria — ou lisez-le juste en dessous.

Voix Victoria

Grégory Alphonse, formateur en troubles du neurodéveloppement et expert reconnu, partage son expérience riche de 17 ans en maison d'accueil spécialisée et 3 ans en libéral. Il a accompagné de nombreuses familles et professionnels, forgeant une approche concrète et empathique. Dans cet article, il raconte avec passion comment trois soirées de soutien à la parentalité, organisées avec le CCAS de Saint-Joseph, ont transformé la vie de la famille de Jean-Luc et Marie-Ange, parents d'un enfant nommé Kévin. Grégory décrit les défis initiaux de Kévin, qui présentait des signes d'agitation et de difficultés à l'école, et l'épuisement de ses parents. Il explique, avec un vocabulaire accessible, les principes des troubles du neurodéveloppement (TND) et aborde des concepts comme le TDAH et l'hypersensibilité sensorielle, sans jamais poser de diagnostic. Il détaille ensuite les outils pratiques mis en place : plannings visuels, coins calmes, et introduction de systèmes de communication alternative comme le PECS et le MAKATON. Le récit met en lumière l'importance de l'écoute, de la compréhension et de la valorisation des efforts, soulignant comment ces interventions ont permis à la famille de retrouver sérénité et confiance. Grégory conclut en invitant à l'échange pour toute personne ou structure souhaitant bénéficier de son expertise en accompagnement parental.

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Soutien à la parentalité : trois soirées qui ont changé une famille

Ah, la parentalité ! C'est un sacré voyage, n'est-ce pas ? Et parfois, on a l'impression d'être seul sur un canot de sauvetage au milieu de l'océan, sans carte ni boussole. C'est là qu'intervient le soutien à la parentalité, et croyez-moi, ça peut faire des merveilles. Laissez-moi vous raconter une histoire qui m'a particulièrement touché, celle de la famille de Jean-Luc et Marie-Ange.

Quand le CCAS de Saint-Joseph entre en jeu

Vous savez, avec mes 17 ans passés en maison d'accueil spécialisée, puis ces trois années en libéral, à courir entre les domiciles, les écoles et les centres de loisirs, j'en ai vu des situations. Mais c'est quand le CCAS de Saint-Joseph m'a sollicité pour accompagner des familles que j'ai vraiment pris la mesure de l'impact qu'on peut avoir. Le Centre Communal d'Action Sociale, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un peu le cœur social de la commune. Ils sont là pour aider, soutenir, et parfois, ils font appel à des petites têtes comme moi pour des coups de main plus spécifiques. Et c'est comme ça que j'ai rencontré Jean-Luc et Marie-Ange.

C'était un après-midi de saison des pluies, le ciel était gris comme la pierre ponce et la pluie tambourait sur le toit de tôle de la salle communale. Je venais de finir une séance avec une petite Amélie de Basse-Terre, qui avait du mal à gérer ses émotions, et mon ventilateur peinait à rafraîchir l'atmosphère humide. Une assistante sociale du CCAS, Madame Élizé, m'a interpellé. Elle m'a parlé d'une famille en difficulté, avec un enfant, Kévin, qui montrait des signes d'agitation, des difficultés à l'école, et des crises à la maison. Les parents se sentaient dépassés, isolés.

« Grégory, il faut qu’on fasse quelque chose pour eux. Marie-Ange ne dort plus, Jean-Luc ne sait plus comment réagir. »

J'ai tout de suite senti l'urgence dans sa voix. Je suis papa de deux enfants moi-même, et je sais que quand on est parent, on veut juste le meilleur pour nos petits. Alors, j'ai dit oui. On a convenu de trois soirées, espacées de quelques semaines, pour leur offrir un accompagnement personnalisé. L'idée, c'était de ne pas faire une consultation clinique, mais plutôt un espace d'échange, de partage, où ils pourraient se sentir écoutés et trouver des outils concrets.

Mains d'un adulte tenant la main d'un tout-petit
Mains d'un adulte tenant la main d'un tout-petit

Première soirée : comprendre ce qui se passe

La première soirée, je l'ai organisée chez eux, au Lamentin. Je trouvais ça important qu'ils soient dans leur environnement, là où ils se sentent le plus à l'aise. Kévin, 7 ans, était un petit bonhomme vif, les yeux pétillants, mais avec une énergie débordante. Dès que je suis arrivé, il a couru partout, montait sur le canapé, faisait tomber des jouets. Jean-Luc, le père, était visiblement fatigué, les traits tirés. Marie-Ange, la mère, essayait tant bien que mal de gérer la situation, un sourire forcé sur les lèvres.

On s'est installés autour de la table de leur salon, sous la lumière un peu jaune du plafonnier. J'ai commencé par écouter. Vraiment écouter. Ce n'est pas Grégory le formateur qui parle, mais Grégory le papa, Grégory l'humain. Ils m'ont raconté leurs journées, les défis à l'école, les repas qui se transforment en bataille, les nuits hachées. Ils utilisaient des mots comme « il est têtu », « il ne m'écoute jamais », « il fait exprès ».

J'ai alors commencé à leur expliquer, avec des mots simples, ce que pouvaient être des troubles du neurodéveloppement (TND). Non pas pour diagnostiquer – ça, c'est le travail des médecins spécialisés, et moi, je ne suis pas médecin ! – mais pour les aider à mettre des mots sur ce qu'ils vivaient. J'ai parlé du TDAH (Trouble du Déficit de l'Attention avec Hyperactivité), en expliquant que c'était comme si Kévin avait un moteur de Formule 1 dans le cerveau, mais des freins de vélo. Que son attention pouvait être une passoire, et que son corps avait besoin de bouger constamment.

J'ai aussi évoqué l'hypersensibilité sensorielle. Imaginez qu'un bruit normal pour vous soit comme un coup de tonnerre pour lui, ou qu'une étiquette dans son t-shirt soit une torture insupportable. Marie-Ange a eu un déclic. « Mais oui ! Il déteste l'étiquette de son pull préféré ! Et le bruit des couverts sur la table, ça le rend fou ! » C'était un premier pas, une première lueur de compréhension. On a aussi abordé les stéréotypies, ces mouvements répétitifs que certains enfants font, comme se balancer ou tapoter des doigts. Ce n'est pas pour nous embêter, c'est souvent une manière de gérer leurs émotions ou de se rassurer.

Main d'un professionnel notant ses observations dans un cahier
Main d'un professionnel notant ses observations dans un cahier

Deuxième soirée : des outils concrets pour le quotidien

Quelques semaines plus tard, retour chez eux. L'ambiance était déjà un peu plus détendue. Jean-Luc m'a accueilli avec un grand sourire. Kévin était plus calme, occupé à construire une tour de cubes. Marie-Ange m'a raconté qu'ils avaient essayé de mettre en place une routine plus claire le matin, et que ça aidait déjà un peu. On avait fait un petit planning visuel, avec des images pour chaque étape : se lever, s'habiller, petit-déjeuner. Ça aide énormément les enfants qui ont du mal à anticiper et à organiser leur pensée.

Cette soirée, on a plongé dans le concret. J'ai partagé des stratégies pour gérer les crises. On a parlé du « coin calme », un petit espace douillet où Kévin pourrait aller se ressourcer quand il se sent dépassé. Pas une punition, mais un refuge. J'ai suggéré des activités qui aident à réguler le système nerveux : malaxer de la pâte à modeler, presser une balle anti-stress, faire des câlins profonds. J'ai aussi abordé la communication alternative et améliorée.

Pour des enfants comme Kévin, qui peuvent avoir du mal à exprimer leurs émotions avec des mots, des outils comme les PECS (Picture Exchange Communication System – un système d'échange d'images pour communiquer) ou le MAKATON (un programme qui combine signes, pictogrammes et paroles) peuvent être des trésors. On a fabriqué ensemble quelques pictogrammes pour les besoins essentiels : « faim », « soif », « fatigué », « colère ». C'était ludique, et Kévin a même participé, collant ses propres images sur les cartons. La joie de Marie-Ange en voyant son fils s'impliquer, c'était la plus belle des récompenses.

On a aussi discuté de la posture parentale. L'importance de la fermeté bienveillante, de la cohérence, et surtout, de la valorisation. Souvent, avec des enfants qui ont des TND, on a tendance à se focaliser sur ce qui ne va pas. Mais chaque petit progrès, chaque effort, mérite d'être souligné et fêté. Ça nourrit l'estime de soi de l'enfant et ça renforce le lien familial.

Cartes de communication par pictogrammes étalées sur une table
Cartes de communication par pictogrammes étalées sur une table

Troisième soirée : l'avenir s'éclaire

La dernière soirée, c'était le bouquet final. Jean-Luc et Marie-Ange étaient rayonnants. Kévin était assis tranquillement à côté de sa mère, dessinant avec des feutres de couleur. Il y avait encore des défis, bien sûr, la parentalité n'est jamais un long fleuve tranquille. Mais ils avaient retrouvé le sourire, la confiance. Ils avaient compris que Kévin n'était pas « méchant » ou « têtu », mais qu'il fonctionnait différemment. Et cette compréhension, c'est la clé de tout.

Ils m'ont raconté comment le planning visuel avait simplifié les matins, comment le coin calme était devenu un lieu de ressourcement, et comment les pictogrammes les aidaient à éviter certaines frustrations. Jean-Luc avait même commencé à faire des « temps calmes » avec Kévin le soir, à feuilleter des livres ensemble. Marie-Ange, elle, avait retrouvé un peu de son sommeil.

On a fait le point sur les ressources existantes : les associations de parents d'enfants avec des TND en Martinique, les groupes de parole, la possibilité de solliciter des bilans complémentaires s'ils le souhaitaient. Je leur ai rappelé l'importance de prendre soin d'eux aussi, de ne pas s'oublier en tant que couple et en tant qu'individus. Un parent épuisé, c'est un parent moins disponible pour son enfant.

Mains d'enfant explorant le sable blanc à côté d'un coquillage
Mains d'enfant explorant le sable blanc à côté d'un coquillage

Ce soir-là, en quittant leur maison sous un ciel étoilé typiquement antillais, j'ai eu le cœur léger. Voir cette famille retrouver l'espoir, retrouver des outils, retrouver la sérénité, c'est ce qui me motive chaque jour. Le soutien à la parentalité, ce n'est pas une formule magique, mais c'est une main tendue. C'est l'occasion de dire aux parents : « Vous n'êtes pas seuls. On est là pour vous accompagner. »

Si vous êtes un professionnel de l'enfance, un parent, ou une structure comme un CCAS qui cherche des pistes pour accompagner les familles confrontées aux troubles du neurodéveloppement, n'hésitez pas. Un simple message et nous pourrons échanger, discuter de vos besoins et voir comment je peux vous apporter mon expérience et mes outils. Ensemble, on peut faire bouger les choses, un pas à la fois, pour le bien-être de nos enfants et de nos familles. À très bientôt !

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