Forêt tropicale de Martinique vue d'en haut, feuilles de bananier et rivière

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L'inclusion, ce n'est pas juste ouvrir la porte : ce que j'ai vu de mieux

10 avril 20268 min de lecture
Victoria, la voix qui raconte le résumé de l'article
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Le résumé de l'article

Écoutez-le en 2 minutes, raconté par Victoria — ou lisez-le juste en dessous.

Voix Victoria

Notre guide inspirant, Grégory Alphonse, fort de dix-sept ans en Maison d'Accueil Spécialisée et formateur émérite en troubles du neurodéveloppement, nous ouvre les portes de son expérience antillaise. Il nous explique avec passion que l'inclusion dépasse la simple ouverture d'une porte. À travers l'exemple de Johan, petit garçon avec un TSA à la crèche « Ti Moun Zékla », il nous montre l'impact des pictogrammes et de l'adaptation de l'environnement face à l'hypersensibilité sensorielle. Grégory souligne combien ces outils simples ont permis à Johan de trouver sa place et de tisser des liens, comme avec Maya. Il partage également l'histoire touchante de Madame Coralie et de son fils Tiago, atteint de TDAH. En instaurant des routines et un « coin calme », Grégory a aidé cette famille à retrouver sérénité et compréhension mutuelle. Son message est clair : l'inclusion est une démarche collective et réfléchie, formalisée par le Projet d'Accueil Individualisé. Il nous rappelle que l'inclusion n'est pas une improvisation, mais une aventure humaine. Grégory, avec son cœur et son expertise, nous invite à réfléchir et à échanger sur ces pratiques qui changent des vies.

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L'inclusion, ce n'est pas juste ouvrir la porte : ce que j'ai vu de mieux

Alors mes amis, l'inclusion, c'est un mot qu'on entend à toutes les sauces maintenant. Et c'est tant mieux ! Mais entre la théorie et le terrain, il y a parfois un océan, surtout quand on parle de handicap et de petite enfance. Moi, Grégory, avec mes 17 ans en Maison d'Accueil Spécialisée et mes 3 ans à courir les écoles et les maisons de la Martinique et de la Guadeloupe, j'en ai vu des choses. Et croyez-moi, l'inclusion, la vraie, c'est bien plus qu'une simple porte ouverte.

Imaginez un peu le tableau : un mardi matin, la chaleur qui monte déjà à 8h, l'humidité qui colle, le chant des oiseaux qui se mêle aux cris joyeux des enfants dans la cour de la crèche « Ti Moun Zékla » au Lamentin. Je suis là, adossé à un flamboyant, à observer. Je suis là pour accompagner une équipe qui se sent un peu démunie avec un petit garçon, Johan, 3 ans. Johan, il a un TSA (Trouble du Spectre de l'Autisme), c'est-à-dire que son cerveau fonctionne un peu différemment, surtout pour la communication et les relations sociales. Il répète souvent les derniers mots qu'il entend (écholalie) et il a des mouvements répétitifs avec ses mains (stéréotypies). Ce n'est pas qu'il ne veut pas jouer avec les autres, c'est juste qu'il ne sait pas comment faire.

L'équipe était super motivée, mais un peu perdue. « On essaie tout, Grégory, mais il reste dans son coin, il ne parle pas... On ne sait plus quoi faire pour l'intégrer aux autres enfants », me dit Christelle, la directrice, en essuyant une perle de sueur sur son front. C'est une situation tellement classique, celle que je retrouve souvent. Les pros veulent bien faire, ils ont le cœur sur la main, mais ils manquent d'outils concrets.

L'exemple de Johan et la magie des pictogrammes

Avec Johan, on a commencé par de toutes petites choses. La première, c'était de comprendre son monde. Il était très sensible aux bruits, à la lumière. On appelle ça l'hypersensibilité sensorielle. Le ventilateur qui ronronnait au fond de la salle, pour nous, c'était juste un ventilateur. Pour lui, c'était peut-être un marteau-piqueur ! On a testé des caches sur les néons, on a débranché le ventilateur pour voir. Et bingo, il était déjà un peu plus apaisé. C'est ça l'inclusion : ne pas juste demander à l'enfant de s'adapter, mais adapter l'environnement pour lui.

Cartes de communication par pictogrammes étalées sur une table
Cartes de communication par pictogrammes étalées sur une table

Ensuite, on a mis en place des pictogrammes. C'est comme des petites images qui représentent des actions ou des objets. Au lieu de lui dire : « Johan, c'est l'heure du regroupement, viens t'asseoir », on lui montrait l'image d'un enfant assis en rond, puis l'image du regroupement. Et là, le miracle opère ! Johan, qui ne comprenait pas toujours les consignes verbales, a commencé à suivre les images. On a fait un emploi du temps visuel pour toute la journée : le jeu libre, la collation, la sieste... Il savait ce qui allait arriver, et ça le rassurait énormément. Moins d'anxiété, c'est plus de disponibilité pour les interactions. Et l'équipe a été super créative, elles ont même créé des pictogrammes personnalisés pour ses activités préférées.

« L'inclusion, ce n'est pas juste tolérer la différence, c'est la célébrer et s'en enrichir. »

Je me souviens d'un après-midi, pendant le temps calme. Johan, habituellement seul avec ses petites voitures, a pris le pictogramme « jeu » et l'a montré à Maya, une petite fille de son âge. Maya, elle, avait compris le principe des pictogrammes. Elle a souri, a pris la main de Johan et l'a emmené vers le coin des dinosaures. Mon cœur s'est serré. Ce jour-là, l'inclusion, elle n'était pas juste sur le papier. Elle était là, vivante, entre deux enfants qui, grâce à quelques images, avaient trouvé un chemin pour se rencontrer.

Quand l'inclusion passe par l'accompagnement des parents

Un autre exemple marquant, c'était avec une famille à Fort-de-France. Madame Coralie, la maman de Tiago, un petit bonhomme de 4 ans avec un TDAH (Trouble Déficit de l'Attention avec Hyperactivité). Tiago, il avait une énergie incroyable, mais il avait du mal à se concentrer, à rester assis. En classe, c'était compliqué. La maîtresse, désemparée, me contacte via le CCAS de Saint-Joseph. Les parents étaient épuisés, la maison était souvent en mode tempête.

Mains d'un adulte tenant la main d'un tout-petit
Mains d'un adulte tenant la main d'un tout-petit

Mon travail, là, c'était aussi d'accompagner Madame Coralie. On a beaucoup parlé des routines. Je lui ai expliqué que pour Tiago, la prévisibilité, c'était la clé. On a mis en place un tableau des tâches avec des étoiles pour chaque tâche accomplie. Le matin, au lieu de répéter dix fois « Lave-toi les dents, mets tes chaussures », on avait les images. Et quand il réussissait, il avait son étoile et un gros câlin. Ce n'était pas magique du jour au lendemain, mais petit à petit, les tensions ont diminué. La maison est devenue un peu moins un champ de bataille.

On a aussi travaillé sur l'environnement. Saviez-vous que pour un enfant TDAH, un espace trop encombré, avec trop de stimulations visuelles, ça peut être infernal ? On a rangé ensemble la chambre de Tiago, on a créé un « coin calme » avec une petite tente et des coussins, où il pouvait aller se ressourcer quand il se sentait débordé. C'était son refuge. Et Madame Coralie, en voyant les progrès, a retrouvé le sourire. Elle m'a dit un jour : « Grégory, vous n'avez pas guéri mon fils, mais vous nous avez appris à vivre mieux avec lui. Et ça, ça n'a pas de prix. »

Coin calme d'une salle de crèche baigné de lumière d'après-midi
Coin calme d'une salle de crèche baigné de lumière d'après-midi

L'importance du projet d'accueil individualisé (PAI)

L'inclusion, ce n'est pas une improvisation. C'est une démarche réfléchie et collective. Quand on accueille un enfant avec des besoins spécifiques, il faut un PAI, un Projet d'Accueil Individualisé. C'est une feuille de route, un peu comme une carte au trésor, qui dit ce qu'on va faire pour cet enfant, avec qui, et pourquoi.

Je me souviens d'une crèche à Sainte-Anne. Un petit Nayah, 2 ans, avait des difficultés pour manger certains aliments, ce qu'on appelle des troubles de l'oralité. Il ne supportait pas certaines textures. Le PAI a permis de noter précisément ce qu'il pouvait manger, les textures acceptées, les stratégies pour introduire de nouveaux aliments, toujours en douceur, sans forcer. Les parents, la crèche, la diététicienne, tout le monde était aligné. Et Nayah, petit à petit, a commencé à explorer de nouvelles saveurs. L'inclusion, c'est aussi ça : faire équipe autour de l'enfant.

Mains d'enfant explorant le sable blanc à côté d'un coquillage
Mains d'enfant explorant le sable blanc à côté d'un coquillage

Ce que j'ai appris au fil des années

Ce que j'ai compris après toutes ces années, c'est que l'inclusion, c'est d'abord une question de regard. C'est regarder l'enfant pour ce qu'il est, avec ses forces et ses défis, et non pour son diagnostic. C'est croire en son potentiel. C'est adapter notre environnement, nos outils, nos méthodes, pour que chaque enfant trouve sa place et puisse s'épanouir.

L'inclusion, ce n'est pas une faveur, c'est un droit. Et c'est surtout une richesse incroyable pour tout le monde. Les enfants neurotypiques (ceux dont le développement est considéré comme « typique ») apprennent la tolérance, l'empathie, la différence. Les professionnels se forment, se renouvellent, deviennent plus créatifs. Et les parents retrouvent l'espoir et le soutien.

Alors oui, le chemin est parfois semé d'embûches. Il y a des jours où l'on se sent découragé, où l'on a l'impression de ramer à contre-courant. Mais chaque petite victoire, chaque sourire, chaque interaction réussie, ça, mes amis, ça vaut tout l'or du monde. Et c'est pour ça que je continue, avec la même passion, à accompagner les équipes et les familles. Parce que chaque enfant mérite qu'on ouvre toutes les portes, et pas seulement celles de la salle de jeux.

Si vous aussi, vous avez des questions, des doutes, ou si vous souhaitez que j'intervienne pour une formation ou un accompagnement dans votre structure en Martinique ou en Guadeloupe, n'hésitez pas à m'envoyer un message. Ensemble, on peut faire de grandes choses pour nos enfants. Parce que l'inclusion, c'est l'affaire de tous !

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Décrivez-la moi en deux lignes : je vous dis franchement si une formation, une intervention ponctuelle ou un simple échange suffira.