Main d'un professionnel notant ses observations dans un cahier

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Les TND expliqués comme je les explique en formation, sans jargon

15 mars 20268 min de lecture
Victoria, la voix qui raconte le résumé de l'article
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Le résumé de l'article

Écoutez-le en 2 minutes, raconté par Victoria — ou lisez-le juste en dessous.

Voix Victoria

Grégory Alphonse, un homme dont l'expérience en troubles du neurodéveloppement brille comme le soleil des Antilles, a passé dix-sept ans en maison d'accueil spécialisée. Formateur reconnu en Martinique et Guadeloupe, il a éclairé plus d'un millier de professionnels avec sa pédagogie unique. Pour Grégory, les TND ne sont pas un mystère médical, mais simplement des cerveaux qui fonctionnent différemment, comme une voiture de course avec des réglages uniques. Il démystifie le TSA, le percevant non pas comme une maladie, mais comme une façon différente d'être au monde, où les intérêts restreints et l'écholalie ne sont que des expressions d'un besoin de stabilité ou d'une communication singulière. Le TDAH, pour lui, est une énergie débordante, une attention qui s'envole, sans que l'enfant ne le fasse exprès. Grégory insiste également sur l'hypersensibilité, cette perception intense du monde, qu'il s'agisse de la chaleur ou du sable. Son approche est toujours simple, concrète et dénuée de jargon. Ses explications sont claires et empathiques. N'hésitez pas à échanger avec lui pour en savoir plus !

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Les TND, c'est quoi le bordel ?

Allez, mettons les pieds dans le plat. Quand on parle de TND, les troubles du neurodéveloppement, j'entends souvent des soupirs, des regards inquiets… et surtout, beaucoup de mots compliqués. Mais la vérité, c'est que ce n'est pas si sorcier quand on l'explique simplement. Et c'est justement ce que je m'efforce de faire depuis des années, que ce soit en Guadeloupe, en Martinique, ou même quand je croise un parent un peu perdu au marché de Sainte-Anne.

Forêt tropicale de Martinique vue d'en haut, feuilles de bananier et rivière
Forêt tropicale de Martinique vue d'en haut, feuilles de bananier et rivière

Je me souviens de ma première formation à Fort-de-France, il y a quelques années. Une éducatrice de jeunes enfants, Marie-Claire, la trentaine bien sonnée, avec ce soleil créole qui lui donnait une énergie folle, me dit d'emblée : « Grégory, moi, le jargon médical, ça me donne des boutons ! Explique-moi ça comme si j'étais avec mes petits à la crèche. » Et c'est exactement ça l'idée. Pas de blabla, juste du concret.

Imaginez un peu le cerveau de nos petits comme une super machine, un peu comme une voiture de course. Pour la plupart, cette voiture roule bien, toutes les pièces sont huilées. Mais pour d'autres, il y a quelques petits réglages différents. La direction tire un peu à droite, les freins sont un peu plus sensibles, ou alors, le klaxon se déclenche tout seul parfois. Ce n'est pas une panne, c'est juste… une autre façon de fonctionner. C'est ça, un trouble du neurodéveloppement. Le cerveau se développe différemment, ce qui entraîne des particularités dans la façon de penser, de ressentir, de communiquer, d'apprendre.

Le TSA, ce n'est pas une maladie, c'est un fonctionnement différent

Alors, parlons du TSA, le Trouble du Spectre de l'Autisme. On en entend beaucoup parler, mais qu'est-ce que c'est vraiment ? Imaginez un enfant comme Léo, 4 ans, que j'ai suivi un temps au Lamentin. Un adorable petit bout avec des yeux pétillants, mais qui, en collectivité, avait du mal à entrer en relation avec les autres. Il préférait aligner ses petites voitures pendant des heures, sans un regard pour les copains qui jouaient à côté. Et si on déplaçait une voiture, c'était la crise assurée ! Une vraie tornade émotionnelle.

Léo, il avait ce qu'on appelle des intérêts restreints et répétitifs. Pour lui, ses voitures, c'était son monde, son refuge. Et le fait de les aligner, c'était un besoin, une façon de se rassurer, de mettre de l'ordre dans un monde qui peut lui paraître très chaotique. Ça, c'est une caractéristique fréquente du TSA. Le monde est une avalanche d'informations, de bruits, de lumières, d'odeurs… et le cerveau n'arrive pas toujours à trier. Alors, il se raccroche à des routines, des objets, pour trouver un peu de stabilité.

Et la communication ? Souvent, elle est différente. J'ai eu une petite Maëlys, aussi en Martinique, qui, au lieu de répondre directement à mes questions, répétait mes derniers mots. « Tu veux jouer, Maëlys ? » Et elle : « Jouer Maëlys. » C'est ce qu'on appelle l'écholalie, une sorte de perroquet verbal, souvent une étape dans le développement du langage, mais qui, si elle persiste, peut être un signe. Ce n'est pas qu'elle ne voulait pas communiquer, c'est que son cerveau traitait l'information différemment, et répéter était sa façon de comprendre ou de s'exprimer. Avec Maëlys, on a travaillé avec des PECS (Picture Exchange Communication System), des petits pictogrammes. Au lieu de dire « Boire », je lui montrais l'image d'un verre, et elle apprenait à l'échanger pour demander de l'eau. Simple, efficace, et ça a changé sa vie et celle de ses parents.

Cartes de communication par pictogrammes étalées sur une table
Cartes de communication par pictogrammes étalées sur une table
« Le cerveau se développe différemment, ce qui entraîne des particularités dans la façon de penser, de ressentir, de communiquer, d'apprendre. »

Le TDAH : L'énergie qui déborde, l'attention qui s'envole

Passons au TDAH, le Trouble Déficit de l'Attention avec Hyperactivité. J'ai un souvenir très clair de Kevin, un gamin de 7 ans que j'ai accompagné dans une école primaire à Basse-Terre. Un soleil, ce petit, mais alors… toujours en mouvement ! Il tenait rarement en place plus de deux minutes. En classe, son corps gigotait, sa chaise grinçait, et son esprit semblait voyager à des années-lumière de la leçon de sa maîtresse. On aurait dit qu'il avait un moteur à réaction dans le derrière, et une tête pleine de papillons.

Le TDAH, c'est un peu ça : un mélange de difficultés d'attention, d'hyperactivité (cette énergie débordante, ce besoin de bouger) et parfois d'impulsivité (répondre sans réfléchir, couper la parole, agir avant de penser). Ce n'est pas de la mauvaise volonté, c'est le cerveau qui a du mal à réguler ces fonctions. Les centres de l'attention et du contrôle sont un peu moins performants. Pour Kevin, on a mis en place des petits trucs : un coussin stabilisateur pour qu'il puisse bouger sans déranger, des pauses motrices régulières, et surtout, des consignes très courtes et visuelles. On n'attendait pas de lui qu'il reste assis comme une statue, on l'aidait à canaliser son énergie pour apprendre.

Ce qui est important à comprendre avec le TDAH, c'est que l'enfant ne fait pas exprès. Son cerveau est juste branché un peu différemment. Il voit tout, il entend tout, il ressent tout, et ça peut être épuisant ! Une petite Maéva que j'ai suivie, elle me disait : « Monsieur Grégory, ma tête, elle pense à mille choses en même temps ! » C'est une excellente façon de le décrire.

Hypersensibilité et autres particularités sensorielles

Un point que j'aborde souvent en formation et qui est CRUCIAL, c'est l'hypersensibilité. Que ce soit dans le cadre du TSA, du TDAH, ou même sans diagnostic, beaucoup d'enfants ont une perception du monde très intense. La chaleur de la Martinique peut être insupportable, le son du ventilateur un vacarme assourdissant, l'étiquette du tee-shirt une torture…

J'ai le souvenir de Nathan, un petit gars de 5 ans, à qui un simple contact avec le sable de la plage à Sainte-Anne était une véritable agression. Alors que tous les autres enfants s'éclataient à faire des châteaux, lui restait figé, les mains serrées, presque en larmes. Pour lui, la texture granuleuse, la sensation sous les pieds, c'était trop. C'est ce qu'on appelle une hypersensibilité tactile. Son cerveau traitait l'information sensorielle avec une intensité décuplée. Pour Nathan, on a commencé par des petites étapes, avec des gants, puis en touchant le sable avec une pelle, jusqu'à ce qu'il puisse y mettre les pieds. Doucement, sans jamais forcer.

Mains d'enfant explorant le sable blanc à côté d'un coquillage
Mains d'enfant explorant le sable blanc à côté d'un coquillage

Ou encore Yéléna, 6 ans, en crèche. La cour de récréation, avec tous les cris, les rires, les ballons qui claquent, c'était l'enfer. Elle se bouchait les oreilles, les larmes aux yeux. C'était une hypersensibilité auditive. Son cerveau ne filtrait pas les bruits, tout arrivait avec la même intensité. Pour Yéléna, on a créé un petit coin calme dans la crèche, avec des coussins, un casque anti-bruit, où elle pouvait se réfugier quand c'était trop intense. Un espace où son système nerveux pouvait se reposer.

C'est pour ça qu'en tant que professionnels de la petite enfance ou parents, être attentif aux réactions de l'enfant, à ses particularités, c'est la clé. Observer, comprendre, et adapter. Ce n'est pas de la magie, c'est de l'adaptation, du bon sens et de l'empathie. Chaque enfant est unique, chaque cerveau est unique.

Repérer n'est pas diagnostiquer

C'est un point que je martèle à chaque formation : repérer n'est pas diagnostiquer. Notre rôle, en tant que professionnels de la petite enfance, éducateurs, accompagnants, ou même parents, c'est d'être attentif. D'observer ces petites particularités, ces signaux qui nous disent : « Tiens, cet enfant a peut-être besoin d'un coup de pouce différent. » On ne pose pas d'étiquette, on ne remplace pas un médecin ou un psychologue. On est juste des yeux et des oreilles attentives.

Si vous avez un doute, si vous observez des choses qui vous interpellent, la première chose à faire est d'en parler aux parents. Avec délicatesse, sans jugement. Et de suggérer, si besoin, de consulter. Un pédiatre, un psychologue, un orthophoniste… Ce sont eux les experts du diagnostic et de la prise en charge spécifique.

Main d'un professionnel notant ses observations dans un cahier
Main d'un professionnel notant ses observations dans un cahier

Mon travail, c'est de vous donner les clés pour mieux comprendre, mieux accompagner, et surtout, pour enlever cette peur de l'inconnu. Parce que quand on comprend, on agit mieux. On est plus serein, et l'enfant aussi. Et ça, c'est ce qui me drive chaque jour, que ce soit sous le soleil écrasant de la Martinique ou la pluie tropicale de la Guadeloupe. Voir les yeux des pros s'éclairer, voir des parents soulagés, ça, ça n'a pas de prix.

Alors, si vous aussi vous voulez démystifier les TND, échanger sur des situations concrètes, et apprendre des outils simples et efficaces pour accompagner ces enfants aux fonctionnements si riches, n'hésitez pas. Envoyez-moi un petit message, et on pourra discuter d'une formation adaptée à vos besoins. Ensemble, on peut faire la différence pour ces petits êtres qui méritent toute notre attention et notre bienveillance.

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Une situation qui ressemble à celle-ci dans votre structure ?

Décrivez-la moi en deux lignes : je vous dis franchement si une formation, une intervention ponctuelle ou un simple échange suffira.